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Parcours éducatifs

PEAC : construire le parcours d’éducation artistique et culturelle

Fréquenter, pratiquer, s’approprier : le PEAC organise la rencontre de chaque élève avec l’art et la culture, de la maternelle au lycée. Voici son cadre réel, ses outils et ses points d’entrée.

Mis à jour le 21 août 2026Lecture 8 min
Chemin de papier découpé reliant une école à un musée à colonnes, jalonné d’un pinceau, d’une note de musique et d’un livre ouvert, collage éditorial
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Le PEAC, ou parcours d’éducation artistique et culturelle, est le quatrième des parcours éducatifs qui jalonnent la scolarité, aux côtés du Parcours Avenir, du Parcours Citoyen et du Parcours Éducatif de Santé. Il concerne tous les élèves, de la maternelle au lycée.

L’arrêté qui l’encadre le résume ainsi : le parcours « vise à favoriser un égal accès de tous les jeunes à l’art et à la culture ». Il ne s’agit donc pas d’ajouter des sorties à un emploi du temps, mais de garantir qu’aucun élève ne traverse sa scolarité sans avoir rencontré des œuvres ni pratiqué un art.

Fréquenter, pratiquer, s’approprier : les trois piliers

Le PEAC se fonde sur trois champs d’action déclarés indissociables : des rencontres avec des artistes et des œuvres, des pratiques dans différents domaines artistiques, et des connaissances permettant l’acquisition de repères culturels ainsi que le développement de la faculté de juger et de l’esprit critique.

Le référentiel les transcrit en verbes, du point de vue des actions de l’élève : fréquenter (Rencontres), pratiquer (Pratiques), s’approprier (Connaissances). C’est cette formulation qui sert de grille de lecture aux équipes. Treize grands objectifs de formation y sont rattachés.

PilierGrands objectifs de formation
Fréquenter
(Rencontres)
Cultiver sa sensibilité, sa curiosité et son plaisir à rencontrer des œuvres · échanger avec un artiste, un créateur ou un professionnel de l’art et de la culture · appréhender des œuvres et des productions artistiques · identifier la diversité des lieux et des acteurs culturels de son territoire
Pratiquer
(Pratiques)
Utiliser des techniques d’expression artistique adaptées à une production · mettre en œuvre un processus de création · concevoir et réaliser la présentation d’une production · s’intégrer dans un processus collectif · réfléchir sur sa pratique
S’approprier
(Connaissances)
exprimer une émotion esthétique et un jugement critique · utiliser un vocabulaire approprié à chaque domaine artistique ou culturel · mettre en relation différents champs de connaissances · mobiliser ses savoirs et ses expériences au service de la compréhension de l’œuvre
Un projet qui ne mobilise qu’un pilier n’est pas un PEAC

Une visite sans pratique ni retour réflexif, un atelier sans rencontre d’œuvre : chacun est utile, aucun ne suffit. La force du parcours vient de la combinaison des trois, sur la durée.

Le référentiel : ce que le texte fixe vraiment

Le cadre s’est construit en trois temps. La loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République du 8 juillet 2013 dispose, en son article 10, que l’éducation artistique et culturelle comprend « un parcours pour tous les élèves tout au long de leur scolarité », « mis en œuvre localement », auquel « des acteurs du monde culturel et artistique et du monde associatif peuvent […] être associés ». La circulaire interministérielle n° 2013-073 du 3 mai 2013 en détaille les modalités. L’arrêté du 1er juillet 2015 lui annexe enfin un référentiel, entré en vigueur à la rentrée scolaire 2015.

Ce référentiel n’est pas un programme : ni horaire, ni contenu obligatoire, ni évaluation chiffrée. Il fixe les grands objectifs de formation et des repères de progression associés, formulés en actions de l’élève. Le texte le dit lui-même, il s’agit d’« un horizon à viser, de points de repères souples (et non d’exigibles ou d’attendus) ».

Un point est en revanche contraignant : pendant la scolarité obligatoire, les acquis du parcours sont pris en compte pour la validation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Soutenir ou porter un projet éducatif

RS Éducation accompagne les acteurs RSE et RSO dans la structuration et la mise en œuvre de projets éducatifs adaptés à leurs engagements. Ces projets sont portés en lien avec des partenaires pédagogiques, dont Pass Éducation, garantissant cohérence et déploiement effectif.

Comment le parcours se construit, de la maternelle au lycée

Le PEAC n’est pas une discipline supplémentaire : il s’appuie sur les enseignements existants, l’histoire des arts, le projet d’école ou d’établissement et des projets partenariaux.

  • Cycle 1, en maternelle : ouverture aux émotions suscitées par les œuvres, premières manipulations, sorties de proximité.
  • Cycles 2 et 3, de l’élémentaire à la sixième : partage et enrichissement des perceptions, pratiques plus construites, premier vocabulaire spécifique.
  • Cycle 4, au collège : familiarité avec des esthétiques variées, processus de création menés à leur terme, jugement critique argumenté.
  • Au lycée : le parcours se poursuit, porté par les enseignements artistiques, le projet d’établissement et les référents culture.

Précision utile : les repères de progression de 2015 sont écrits pour les cycles 1 à 4. Le lycée n’y est pas balisé de la même façon, et la continuité y repose surtout sur le projet d’établissement et les partenariats locaux.

Le référentiel reprend enfin une périodicité minimale proposée par la circulaire de 2013 : « À l’école primaire et au collège, au moins une fois par cycle, il est souhaitable qu’un des grands domaines des arts et de la culture soit abordé dans le cadre d’un projet partenarial conjuguant les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle. » C’est le repère le plus concret pour se situer.

Qui pilote le PEAC : établissement, académie, région

La responsabilité se répartit sur quatre niveaux.

Dans l’établissement

Le chef d’établissement, ou le directeur d’école, arbitre et inscrit les projets dans le projet d’établissement. Dans chaque collège et chaque lycée, un référent culture est nommé : interlocuteur privilégié des professeurs pour les dispositifs d’éducation artistique et culturelle, il est la porte d’entrée naturelle d’un partenaire extérieur.

Dans l’académie

La délégation académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle coordonne, forme et instruit les appels à projets. Selon les territoires, l’interlocuteur s’appelle DAAC, délégation académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle, ou DRAEAC, délégation régionale académique à l’éducation artistique et culturelle, à l’échelle de la région académique.

Côté ministère de la Culture

Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) cofinancent et conventionnent avec les rectorats et les collectivités. Les grands principes ont été posés par la Charte pour l’éducation artistique et culturelle, présentée le 8 juillet 2016 par le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle, qui énonce dix principes.

Sur le territoire

Communes, départements et régions financent lieux, transports et résidences d’artistes. Le label « 100 % EAC » distingue les territoires qui organisent l’accès de tous les jeunes à un parcours complet : 157 territoires ont été labellisés lors des deux premières campagnes, et le ministère de la Culture en a ouvert une troisième, du 1er juillet au 2 octobre 2026.

Les outils réels : ADAGE, pass Culture, conventions

Le PEAC vit sur trois outils que les équipes manipulent réellement.

  • ADAGE, l’application dédiée à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle. C’est l’outil national de recensement des actions, de réponse aux appels à projets et de gestion des crédits. Une offre qui n’y est pas référencée est, en pratique, invisible pour les enseignants.
  • Le pass Culture, part collective. Il permet aux professeurs de financer des activités d’éducation artistique et culturelle pour leurs classes, de la sixième à la terminale, dans les établissements publics et privés sous contrat. Sa gestion passe par ADAGE, le référent culture en est l’interlocuteur, et la part collective a été étendue aux élèves de sixième et de cinquième à la rentrée 2023. La dotation par élève est fixée par niveau et révisée périodiquement.
  • Les conventions locales. Jumelages entre un établissement et une structure culturelle, conventions rectorat-DRAC-collectivité, résidences d’artistes : le cadre habituel des projets qui durent plus d’une année scolaire.

Se raccorder au PEAC sans instrumentaliser l’école

Une entreprise, une fondation, un musée ou une collectivité peut contribuer au PEAC : la loi de 2013 y associe explicitement les acteurs du monde culturel, artistique et associatif. À une condition : servir un objectif du référentiel, pas une notoriété.

La bonne question n’est pas « comment entrer en classe »

C’est « quel objectif de formation mon apport sert-il, et à quel cycle ». Une ressource qui répond précisément à un objectif du référentiel est adoptée par les enseignants ; une ressource qui parle d’abord de son émetteur est écartée, quel que soit son budget.

Partir du référentiel plutôt que d’un message suppose quatre gestes : identifier les objectifs visés, choisir le cycle, prévoir les trois piliers plutôt qu’un seul, livrer un matériel directement utilisable en classe. C’est la logique de nos kits pédagogiques sur mesure. Pour les musées et monuments, l’enjeu est plutôt de rendre l’offre lisible et réservable : voir nos pages sur les visites scolaires en musées et monuments et sur culture et accès aux savoirs.

Un apport isolé produit enfin rarement un effet mesurable : lorsque l’ambition dépasse une classe ou une année, nous structurons l’ensemble en programme de sensibilisation progressif. Vous portez un projet artistique ou culturel destiné aux scolaires ? Échangeons sur votre projet.

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande le plus souvent

Que signifie PEAC ?

PEAC est le sigle du parcours d’éducation artistique et culturelle. C’est l’un des quatre parcours éducatifs de la scolarité française. Institué par la loi du 8 juillet 2013 et encadré par l’arrêté du 1er juillet 2015, il vise à favoriser un égal accès de tous les jeunes à l’art et à la culture, de la maternelle au lycée. Attention à l’homonymie : le même sigle désigne aussi un produit d’épargne, sans aucun rapport avec l’École.

Quels sont les trois piliers du PEAC ?

Des rencontres avec des artistes et des œuvres, des pratiques individuelles et collectives dans différents domaines artistiques, et des connaissances qui permettent l’acquisition de repères culturels ainsi que le développement de la faculté de juger et de l’esprit critique. Le référentiel les transcrit en verbes, du point de vue de l’élève : fréquenter, pratiquer, s’approprier. Ces trois piliers sont déclarés indissociables.

Qui pilote le PEAC dans un établissement scolaire ?

Le chef d’établissement ou le directeur d’école arbitre et inscrit les projets dans le projet d’établissement. Dans chaque collège et chaque lycée, un référent culture est nommé : il est l’interlocuteur privilégié des professeurs pour les dispositifs d’éducation artistique et culturelle. Au-dessus, la délégation académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle, dont le sigle varie selon les académies, coordonne et instruit les appels à projets avec la DRAC.

À quoi sert ADAGE ?

ADAGE est l’application dédiée à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle. Les établissements y recensent leurs actions, y répondent aux appels à projets et y gèrent la part collective du pass Culture, qui finance des activités d’éducation artistique et culturelle pour les classes de la sixième à la terminale. Une offre non référencée dans ADAGE reste invisible pour les enseignants.

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