Les types de handicap : familles, exemples et chiffres clés
Moteur, sensoriel, psychique, mental, cognitif, maladies invalidantes : six familles recouvrent des réalités très différentes. Ce guide les présente simplement, avec des exemples concrets et les chiffres publiés par les sources officielles.

Parler des types de handicap au pluriel n’est pas un détail de vocabulaire. Derrière un mot unique se cachent des réalités qui n’ont presque rien en commun : une paraplégie, une schizophrénie stabilisée, une surdité profonde, un diabète insulinodépendant ou une dyslexie sévère ne se vivent pas de la même façon, ne se compensent pas avec les mêmes aides et ne se heurtent pas aux mêmes obstacles.
Pour s’y retrouver, les acteurs du secteur, MDPH, Agefiph, associations, s’appuient sur une typologie en six grandes familles. Elle n’est pas parfaite, une même personne peut relever de plusieurs familles à la fois, mais elle donne un langage commun. La voici, avec des exemples concrets pour chaque famille, puis les chiffres officiels qui situent l’ensemble.
La définition du handicap : ce que disent la loi et l’OMS
La référence française est la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elle a inscrit dans le code de l’action sociale et des familles une définition volontairement large, qui couvre les atteintes physiques, sensorielles, mentales, cognitives et psychiques ainsi que les troubles de santé invalidants.
« Constitue un handicap toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »
L’Organisation mondiale de la santé va dans le même sens avec sa Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, 2001) : le handicap n’est pas une caractéristique de la personne, mais le résultat d’une interaction entre un état de santé et un environnement. Un escalier crée une situation de handicap ; une rampe la fait disparaître. Cette lecture fonde tout le travail de sensibilisation au handicap : agir sur les regards et sur l’environnement change concrètement la vie des personnes concernées.
Les six grandes familles de handicap
La typologie usuelle, reprise notamment par la plateforme officielle Mon Parcours Handicap et par l’Agefiph, distingue six familles.
| Famille | Ce qu’elle recouvre | Exemples |
|---|---|---|
| Handicap moteur | Atteinte de la motricité : se déplacer, saisir, coordonner ses gestes | Paraplégie, hémiplégie, amputation, maladies neuromusculaires, troubles musculo-squelettiques |
| Handicap sensoriel | Atteinte de la vue ou de l’audition | Cécité, malvoyance, surdité, surdité partielle, acouphènes sévères |
| Handicap psychique | Conséquences de troubles psychiques sur la vie sociale, capacités intellectuelles préservées | Troubles bipolaires, schizophrénie, dépression sévère, troubles anxieux invalidants |
| Handicap mental | Déficience intellectuelle : comprendre, décider, apprendre | Trisomie 21, syndrome de l’X fragile |
| Handicap cognitif | Dysfonctionnement des fonctions cognitives : attention, mémoire, langage, apprentissages | Troubles dys, TDAH, troubles du spectre de l’autisme |
| Maladies invalidantes | Maladies chroniques ou évolutives qui limitent l’activité quotidienne | Diabète, sclérose en plaques, épilepsie, cancer, maladie de Crohn |
Handicap moteur et handicap physique : deux mots pour une même famille
Les deux expressions sont employées l’une pour l’autre. Le handicap moteur, ou handicap physique, désigne une atteinte de la capacité à se mouvoir : paralysies, amputations, malformations, maladies neuromusculaires, mais aussi troubles articulaires ou lombalgies chroniques invalidantes. L’image du fauteuil roulant domine les représentations alors qu’elle ne correspond qu’à une partie des situations : c’est précisément le genre de raccourci qu’un atelier de sensibilisation bien conçu vient déconstruire.
Handicap psychique et handicap mental : la confusion à éviter
Le handicap mental renvoie à une déficience intellectuelle, présente le plus souvent dès la naissance : la personne a besoin d’un accompagnement adapté pour comprendre, décider et apprendre. Le handicap psychique, lui, résulte de troubles psychiques qui n’altèrent pas les capacités intellectuelles mais perturbent leur mobilisation : fatigue, anxiété, difficulté à s’organiser ou à soutenir une relation. Il apparaît généralement à l’âge adulte, évolue par phases et reste l’un des plus mal compris, en entreprise comme à l’école.
Handicap cognitif : troubles dys, TDAH, autisme
Le handicap cognitif regroupe les troubles des fonctions d’apprentissage : dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dyscalculie, trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, troubles du spectre de l’autisme. À l’école, ces profils relèvent de l’école inclusive et d’aménagements pédagogiques précis : notre page sur l’inclusion éducative et les troubles DYS, TDAH et autisme détaille ce volet.
Une sclérose en plaques associe par exemple atteinte motrice, fatigue invalidante et troubles cognitifs. La typologie sert à comprendre, jamais à enfermer : c’est la situation concrète de la personne, évaluée par la MDPH, qui ouvre les droits.
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RS Éducation accompagne les acteurs RSE et RSO dans la structuration et la mise en œuvre de projets éducatifs adaptés à leurs engagements. Ces projets sont portés en lien avec des partenaires pédagogiques, dont Pass Éducation, garantissant cohérence et déploiement effectif.
Le handicap en France : les chiffres clés
Quelques repères publiés par les organismes officiels suffisent à corriger les idées reçues.
- L’Agefiph rappelle que 85 % des handicaps surviennent au cours de la vie : accident, maladie, usure professionnelle. Le handicap de naissance est l’exception, pas la règle.
- Selon la plateforme officielle Mon Parcours Handicap, environ 80 % des handicaps sont invisibles : rien ne les signale au premier regard. Notre guide du handicap invisible leur est consacré.
- La DREES recense environ 1,3 million d’allocataires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).
- Depuis la loi du 10 juillet 1987, toute entreprise d’au moins 20 salariés doit employer des travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de son effectif.
- Le taux de chômage des personnes en situation de handicap reste proche du double de celui de l’ensemble des actifs, selon l’Agefiph.
Un enjeu massif, donc, et un handicap le plus souvent acquis et invisible : loin du pictogramme au fauteuil roulant.
Pourquoi dit-on « personne en situation de handicap »
L’expression personne en situation de handicap s’est imposée dans les textes et les usages parce qu’elle déplace le regard. Dire qu’une personne est handicapée fige une identité ; dire qu’elle est en situation de handicap rappelle que la limitation naît de la rencontre entre un état de santé et un environnement donné. La même personne malvoyante est en situation de handicap devant un document imprimé en petits caractères, et ne l’est plus quand le document est adapté.
Ce vocabulaire n’est pas un simple habillage : il désigne le levier d’action. On ne « répare » pas les personnes, on transforme les environnements de travail, d’étude et de vie, ainsi que les regards portés sur elles. C’est le même déplacement que celui opéré sur d’autres sujets de société, comme l’égalité femmes-hommes : le problème n’est pas la personne, mais les représentations collectives.
Sensibiliser à tous les types de handicap
Connaître les six familles est le point de départ ; faire évoluer les comportements demande un travail plus incarné. Une campagne de sensibilisation bien construite fait vivre ce que la typologie ne peut que décrire : parcours en fauteuil, mise en situation de dyslexie, témoignages sur les troubles psychiques, quiz sur les idées reçues.
C’est le métier de RS Éducation : concevoir des dispositifs de sensibilisation qui traitent le handicap dans toute sa diversité, y compris ses formes invisibles, pour les entreprises comme pour les établissements scolaires. Le panorama complet des approches, ateliers, jeux et formats se trouve sur notre page sensibilisation au handicap.
Questions fréquentes
Ce que l'on nous demande le plus souvent
Quels sont les 6 types de handicap ?
Les six familles usuelles sont le handicap moteur, le handicap sensoriel (visuel et auditif), le handicap psychique, le handicap mental, le handicap cognitif et les maladies invalidantes. Une même personne peut relever de plusieurs familles à la fois.
Quelle est la définition légale du handicap ?
La loi du 11 février 2005 définit le handicap comme toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant.
Quelle différence entre handicap mental et handicap psychique ?
Le handicap mental correspond à une déficience intellectuelle, le plus souvent présente dès la naissance. Le handicap psychique résulte de troubles psychiques qui laissent les capacités intellectuelles intactes mais perturbent leur mobilisation ; il apparaît généralement à l’âge adulte et évolue par phases.
Qu’est-ce qu’un handicap invisible ?
C’est un handicap qu’aucun signe extérieur ne révèle : maladies chroniques, troubles psychiques, troubles dys, douleurs invalidantes. Selon la plateforme officielle Mon Parcours Handicap, environ 80 % des handicaps sont invisibles.
Sources
- Loi n° 2005-102 du 11 février 2005, définition du handicap (article L. 114 du code de l’action sociale et des familles), legifrance.gouv.fr.
- Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), Organisation mondiale de la santé, 2001, who.int.
- Comprendre les types de handicap, Mon Parcours Handicap, plateforme officielle de l’État et de la Caisse des Dépôts, monparcourshandicap.gouv.fr.
- Chiffres clés du handicap et de l’emploi, Agefiph, agefiph.fr.
- Le handicap en chiffres, DREES, drees.solidarites-sante.gouv.fr.
- Obligation d’emploi des travailleurs handicapés, ministère du Travail, travail-emploi.gouv.fr.
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